320 pages
8 avril 2026
« Ils analysaient le phénomène, prônaient les bienfaits de l’artisanat, la fierté de créer. » p. 308
Photo réalisée avec une IA (Gemini, Nano Banana 2, tous droits réservés)
La revanche !
Quel bien étrange titre pour un livre, non ?
- C’est rigolo et intrigant, n’est-ce pas ?
- Où l’auteur a-t-il bien pu chercher un tel titre ?
- Depuis quand les pelotes de laine prennent-elles une revanche ?
- Une revanche sur qui ? sur quoi ?
Eh bien, ici, dans le dernier roman de Sioux Berger, La revanche des pelotes de laine, c’est bien de revanche dont il s’agit. Celle « des petites gens », des laisser pour compte.
Il est question de prendre sa revanche – prendre le dessus sur l’autre ; sur la vie qui n’a pas fait de cadeau. C’est avoir une seconde chance. La roue tourne, les opportunités arrivent comme un coup du destin. C’est prendre l’avantages sur une situation défavorable, sur des personnes…
Une pelote de laine peut faire ça ? Et si je vous dis que oui !
Elise et Edouard : la magie créative
C’est la revanche d’Elise, d’abord. Elise est une gentille jeune femme de 23 ans, abandonnée dès sa naissance, ballotée de familles d’accueil en foyers, rejetée, humiliée et handicapée, trisomique. Mais, Elise, c’est quelqu’un. Un être lumineux, passionnée et douée pour le … tricot ! ça tricotte, tous les jours. Les aiguilles chantent sous ses doigts. Elle amuse les touristes de son camping où elle vit dans sa Caravalair 1968 sur l’emplacement 83. Elise enchante les gens, les passants ou les élèves d’un collège de Nanterre où elle est cantinière.
Et puis, il y a Edouard. Edouard, est un pré-adolescent pas comme les autres. Différent. Replié sur lui-même, un peu sauvage, s’exprimant mal, n’arrivant pas à communiquer avec l’extérieur. Lui, aussi, a été abandonné après avoir été adopté. Dans ce nouveau collège, il ressemble à un animal apeuré. Elise l’a remarqué. Elise l’a pris sous son aile protectrice.
Ensemble, ils vont grandir, surmonter les épreuves, les coups du sort, le mépris, le rejet de la société car pas conforme. Pas conforme aux souhaits, pas formatés, pas dans les « cases ». Et pourtant…
Un nouveau couple littéraire s’épanouie sous nos yeux de lecteurs, éblouis. Un couple atypique, mais exceptionnel, nous bouleversant au fil des pages, car ici, il est question de résilience et d’obstination, de persévérance et de vocation. Puisque tout est passion. Celle du tricot pour l’une et celle de la dentelle aux fuseaux pour l’autre. Tous deux cultivent leur différence, leur goût pour la vie et ses surprises, leur passion pour les arts manuels qui sont, aussi, des personnages centraux de l’ouvrage.
L’éloge des chemins de traverse
- Doit-on suivre l’autoroute tracée dès notre naissance ?
- Depuis notre entrée dans le système éducatif français, un système qui se veut élitiste ?
- La norme comme unique boussole ?
- N’y aurait-il pas d’autres chemins de traverse comme l’écrivit dans son ouvrage Nicolas Hulot en 1990, livre lu et touchant ?
- Et pourquoi par mépris, cette voie serait-elle la voie de garage ? Une voie sans issue.
- Combien de fois l’ai-je entendu cette phrase dédaigneuse et humiliante ?
« Les chemins de traverse ne sont pas des voies de garage, mais des artères vers la fierté de soi. » entre-ecriture et lecture
Car, moi aussi, j’ai pris d’autres chemins : CAP/BEP, Brevet professionnel, apprentissage… Il n’y a rien de honteux à prendre d’autres artères. L’expression ne dit – elle pas « tous les chemins mènent à Rome » ? Rome ! Les lauriers de la gloire, du succès. La réussite ! Il n’existe pas une seule façon d’atteindre le même but mais plusieurs. Les chemins de traverse ne sont pas des voies de garage. Nos héros prouvent leur intégration et leur acception dans la vie. Il s’agit d’insertion et de fierté de soi.
À travers Elise et Edouard, Sioux Berger signe un vibrant plaidoyer pour l’orientation scolaire et les travaux manuels effacés de nos écoles. Les aptitudes ne sont pas qu’intellectuelles. Elles sont dans le don et dans l’émotion, des soft-skills recherchées. La réussite ne se formate pas, elle se tricote et se tisse.
Les bienfaits des travaux manuels
- Satisfaction et fierté
- Créativité
- Imagination, invention et plaisir
- Patience et persévérance
- Confiance et estime de soi
- Echappatoire du quotidien toujours pressé
Tout est là, dans les doigts agiles d’Elise et d’Edouard. Et dans les nôtres, aussi.
Prouvé scientifiquement, les activités manuelles, au-delà d’être un passe-temps, sont de vraies antidotes contre le stress et l’anxiété. Notre esprit et notre corps ressentent, alors, un sentiment de bien-être grâce à un mélange 100% hormonal, composé de sérotonine et d’endorphine. Ce roman est vrai cocktail d’énergie positive.
- Et si allier passion et profession était encore possible ?
- Et si cela permettait de créer et de renforcer les liens sociaux ? Ateliers, stages, clubs, partage.
- Des interactions sources d’inspiration et de motivation ?
- De voir au-delà des apparences ?
- Et si on remettait les travaux pratiques dans nos classes ?
Pour allez plus loin ?
Découvrez, ci-dessous, les précédents ouvrages de Sioux Berger :
- Les chandeliers, 2024
- Les Pentes, 2022


Voilà ce qui me manquait à l’école , les travaux manuels.
Ça m’aurait peut-être permis de me démarquer des autres
Pour une fois que « la revanche des pelotes de laine » me donne à nouveau le goût de la lecture depuis très longtemps 🥰
Bonjour callarec, merci pour votre message. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Et je suis heureuse que l’envie de la lecture vous appelle. Voilà, un beau compliment à propos du blog. Je vous souhaite une bonne lecture. Le livre sort le 8 avril 2026 chez Amazon, FNAC, aussi.